Tax shift en 2018: des raisons de se réjouir?

Votre fiche de salaire 2018 paraît plus attrayante que l’an passé. Mais pouvons-nous tous nous réjouir? Ou y a-t-il anguille sous roche? Voici ce que signifie le tax shift en 2018.
  • 17 janvier 2018

Tax shift en 2018 : des raisons de se réjouir?

Les chances sont grandes pour que votre première fiche de salaire 2018 vous paraisse plus attrayante que celles de l’an passé, et ce, même si vous n’avez obtenu aucune augmentation.  Une conséquence directe du virage fiscal sur lequel le Gouvernement Michel travaille depuis plusieurs années. Mais la nouvelle phase de ce transfert d’impôts est-elle bénéfique pour le portefeuille, ou nous réjouissons-nous trop tôt?

Pour faire baisser les charges qui pèsent sur le travail, le gouvernement fédéral a décidé de mettre en œuvre un tax shift. Le but ultime de ce glissement de la taxation du travail vers celle du capital est d’augmenter la compétitivité des entreprises et de stimuler la création d’emploi dans notre pays. En plus d’une diminution des cotisations patronales, le gouvernement a promis une augmentation du pouvoir d’achat en augmentant les salaires nets. En 2016, votre salaire a légèrement augmenté une première fois. Est-ce que cela sera aussi le cas cette fois-ci?

Rien n’est gratuit

Pourtant, l’expression « On n’a rien sans rien » prend ici tout son sens. Le tax shift a un prix. Au cours de la première phase, un certain nombre de mesures ont été prises durant l’année 2016 :

  • une augmentation des accises (boissons gazeuses et aussi certains sodas);
  • un glissement général vers la taxation des revenus des capitaux;
  • une révision de certains taux de TVA (l’électricité passe de 6% à 21%).

Un certain nombre de mesures s’ajoutent en ce début d’année 2018. Le diesel à la pompe coûtera 4 euros de plus par plein en raison de l’indexation et de l’augmentation des accises, ce qui le rapproche du prix de l’essence. Le tarif du gaz naturel augmente également légèrement cette année.

40 à 45 euros supplémentaires

Retour aux bonnes nouvelles: votre salaire net va augmenter cette année de 1,5 à 3%. Selon les estimations du prestataire RH SD Worx, cela correspond en moyenne à 40 ou 45 euros supplémentaires par mois. A cela s’ajoute l’indexation.

De plus, dans cette phase, la tranche d’imposition de 30% disparaît et est rattachée à la tranche de 25%. Une plus grande part de vos revenus est donc imposée à un tarif plus bas. Enfin, le plafond de la tranche imposée à 40% augmente, au détriment de celle pour laquelle le taux d'imposition est de 45%.

En outre, l’augmentation des charges professionnelles forfaitaires et la baisse du coût de la main d’œuvre pour le travail posté et le travail de nuit sont bénéfiques pour beaucoup. Tout comme l’augmentation du seuil de revenu donnant droit à une somme exemptée d'impôt plus importante.

Qui en bénéficie le plus?

Ce sont les plus bas revenus qui en profitent le plus, bien que les salaires plus élevés en bénéficient également. Par exemple, un employé marié sans personne à charge qui gagne 2.000 euros brut, touchera désormais, selon les estimations de SD Worx, un salaire net de 1.567,68 euros. Il s’agit là d’une augmentation de 2,97%, soit 45,27 euros net. Si vous gagnez plus de 2 000 euros brut, cet avantage diminue progressivement jusqu’à un taux de 1,46% pour les salaires de 5.000 euros brut par mois ou plus.

En même temps, une légère adaptation de la mécanique fiscale permet aux familles avec enfants et aux personnes à faible revenu de bénéficier davantage du tax shift.

Les pensionnés dupés?

Mais le gouvernement a oublié la part plus âgée de la population. Ceux qui bénéficient d’une pension élevée, à partir de 1 700 euros brut par mois, ont des raisons de se réjouir. Mais les petites pensions ne progressent pas, voire régressent. Toute augmentation de pension pour les pensionnés qui touchent entre 1 200 et 1 300 euros brut est intégralement imposée. Si l’on ajoute les taxes communales annuelles, ils verront même leur pension diminuer.

En résumé, le tax shift sera avantageux pour le Belge moyen en 2018. Mais est-ce que cela va de pair avec une augmentation du pouvoir d’achat? Tout dépend de la manière de voir les choses. Isolément, les salaires vont augmenter, mais il n’en restera pas grand-chose à cause de la forte inflation. En outre, selon la Fédération syndicale britannique TUC, la Belgique, avec son augmentation de salaire réelle de 0,1%, est le plus mauvais élève de la classe européenne. La montagne a accouché d’une souris.

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