Le protectionnisme et notre portemonnaie: une relation fusionnelle ou à distance?

Le libre-échange s'oppose au protectionnisme. D'une part, le libre-échange entraîne une plus grande prospérité pour chacun. D'autre part, il peut engendrer des pertes d'emplois dans certains secteurs. La tentation est donc grande d'instaurer des mesures protectionnistes en période économiquement difficile. Mais en quoi consiste exactement le protectionnisme? Et surtout: quel impact exerce-t-il sur notre portemonnaie?
  • 08 septembre 2017
Le protectionnisme et notre portemonnaie: une relation fusionnelle ou à distance?

Protéger les biens et services

Le protectionnisme n'est pas une nouveauté. En effet, souvenez-vous du krach boursier de 1929, qui a déclenché une profonde crise économique après une longue période de prospérité. À l'époque également, les nombreux emplois menacés ont justifié l'instauration d'un climat protectionniste. Mais en quoi consiste-t-il précisément?

Le protectionnisme est un cortège de mesures par lequel l'État tente de protéger l'agriculture, les producteurs et les industries du pays. Il prévoit souvent l'instauration de mesures visant à limiter les importations, comme les taxes à l'importation, voire même à interdire totalement l'importation de certains produits (prohibition). Le gouvernement peut également soutenir les fabricants du pays en leur octroyant des subventions.

Toutes ces mesures visent à permettre aux pays confrontés à des problèmes de commerce extérieur de protéger leurs produits et services contre des versions moins chères ou de meilleure qualité provenant de l'étranger. Ces mesures sont avantageuses à court terme: la production intérieure prospère et l'emploi augmente. Mais à long terme, le protectionnisme entraîne une hausse des prix générée par l'absence de concurrence, ce qui nuit au consommateur.

Le protectionnisme en 2017

Depuis l'accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le protectionnisme est remis à l'ordre du jour. La politique économique de Trump vise surtout à protéger l'emploi et la position du travailleur américain. Dans son plan d'action de 100 jours, il se fait fort d'éradiquer toute concurrence déloyale étrangère. La manière de procéder reste toutefois encore vague pour l'instant – et parfois contradictoire.

Mais Trump n'est pas le seul à plaider en faveur de mesures protectionnistes. En Europe également, pourtant la plus grande économie de libre-échange au monde, le protectionnisme fait son grand retour. En témoigne le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, dont les conséquences seront néfastes pour la livre britannique, même si, selon l'expert boursier Pascal Paepen l'impact pour les investisseurs sera plutôt limité.

En outre, la population européenne ne reste pas non plus insensible aux mesures protectionnistes, comme le montre la protestation contre les traités commerciaux TTIP (UE et USA) et CETA (UE et Canada). Plus de 8.000 personnes ont en effet manifesté récemment dans les rues d'Amsterdam. Les pourfendeurs des traités de libre-échange craignent une hausse du chômage et une violation des droits des travailleurs.

L'onde de choc à long terme

Un système protectionniste peut s'avérer efficace à court terme. À condition toutefois que les États-Unis soient les seuls à appliquer une stratégie protectionniste et que les autres pays ne réagissent pas. Dans ce cas, les entreprises qui vendent aux marchés intérieurs gagneront plus et créeront davantage d'emplois, et les entreprises exportatrices pourront encore exporter vers les pays qui font partie du système de libre-échange.

L'histoire nous montre toutefois qu'un seul pays protectionniste génère souvent une onde de choc et que les autres pays réagissent relativement vite par des contre-mesures similaires. Par conséquent, les entreprises américaines vendront probablement moins, ce qui fera baisser leur chiffre d'affaires. Le risque d'entraîner encore plus de pertes d'emplois est donc bien réel.

L'impact sur le portemonnaie belge

Pour la Belgique, les conséquences pourraient être encore plus lourdes, si tant est que ce soit possible. En tant que pays de transit, nous disposons d'une économie ouverte, qui est tributaire du commerce international. Nous ne pouvons donc pas nous permettre de limiter les débouchés des entreprises exportatrices. La baisse des exportations affecterait également notre prospérité à long terme: le consommateur ressentirait la hausse des prix due à un protectionnisme accru.

Mais l'épargnant ou l'investisseur pourrait également être affecté: le rétrécissement du commerce mondial aurait inévitablement des effets sur la Bourse. Ceux qui investissent dans les actions américaines seraient particulièrement touchés. En outre, de nombreuses multinationales disposent également de succursales en Europe et en Belgique. Et si les entreprises internationales souffrent du protectionnisme, l'impact sur l'emploi dans notre région pourrait également se faire sentir.

Bref, la question de l'efficacité du protectionnisme dépend de nombreux facteurs. À long terme, en tout cas, ce ne semble pas être la voie à privilégier. La majorité des économistes sont unanimes: la meilleure solution est une combinaison poussée de libre-échange et de protectionnisme, afin de protéger l'emploi, tout en laissant aux pays une certaine liberté de mouvement et surtout la possibilité de se spécialiser dans certains produits. Selon une analyse de Rabobank Pays-Bas uniquement disponible en anglais, la balle est aujourd'hui dans le camp politique. Ou: le juste milieu semble, comme souvent, constituer le meilleur choix.

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