Épargner ou dépenser: c’est inné ou acquis?

Quand l’un épargne avec plaisir, l’autre estime que l’argent est fait pour être dépensé. Mais à quoi est-ce dû? À leur éducation? À leur personnalité à la naissance? 
  • 15 janvier 2018

Épargner, une question d’éducation?

Comment avez-vous appris à gérer votre argent? Vos parents y ont-ils joué un rôle? Pour beaucoup, cela semble être le cas. Il ne faudrait pas pourtant surestimer l’incidence de l’éducation. Ne rencontrons-nous pas très souvent dans une même famille un enfant qui dépense son argent sans compter alors que l’autre dort dessus? Les chercheurs Stephan Siegel et Henrik Cronqvist ont démontré que l’influence de l’éducation est en réalité très limitée. Ils ont étudié le comportement d’épargne et de dépense de 15.000 jumeaux suédois. Il est apparu que les jumeaux adoptaient souvent le même comportement même lorsqu’ils n’avaient eu aucun contact au fil des ans.

« Il est évident que l’éducation joue un rôle. Mais son influence n’explique qu’un tiers environ du comportement d’épargne dans son ensemble. Par ailleurs, il a été démontré amplement que les gènes jouent un rôle important et que – aussi étonnant que cela puisse paraître – entre un tiers et la moitié de notre comportement de dépense est déterminé par nos gènes », a souligné Stephan Siegel dans Time Magazine. 

La chimie à l’œuvre dans notre cerveau

Comment fonctionne ce comportement d’épargne et de dépense inscrit dans nos gènes? La réponse se trouve dans des recherches présentées dans le Journal of Consumer Reach. L’étude a consisté à scanner le cerveau des participants lorsqu’ils prenaient des décisions d’achat sur la base d’offres simulées. 

Lorsque les personnes étudiées voyaient s’afficher des prix trop élevés, les chercheurs observaient leur activité dans le cortex insulaire du cerveau (ou insula). Cette insula fait partie du cortex cérébral qui s’active lorsqu’on vit quelque chose de désagréable. Ainsi, lorsqu’un produit était proposé à un prix attractif, il générait une sensation plus agréable, ce qui constituait un premier incitant à l'achat. La décision d’achat libérait dans le cerveau de la dopamine, un neurotransmetteur qui entraîne un sentiment de joie. Si on peut justifier l'achat par des arguments rationnels – on pense en effet avoir fait « une bonne affaire » – notre décision résulte aussi d’un processus neurologique qui procure un certain bien-être. 

La vitesse à laquelle se fait ressentir ce bien-être est déterminée partiellement par les gènes. Les personnes ayant une prédisposition génétique à épargner ont un cortex insulaire plus actif, ce qui freine leur comportement d’achat. Chez les dépensiers, ce frein génétique fonctionne moins bien. C’est l’effet de la dopamine qui prend le dessus. Chez eux, un achat produit plus rapidement une sensation de bonheur, ce qui les incite à continuer à acheter. 

« Environ un tiers du comportement d’épargne peut être expliqué par l’éducation »

« Hackez » votre cerveau

Sommes-nous pour autant condamnés à nous comporter comme le prescrivent nos gènes?  Heureusement non. En prenant conscience de nos penchants naturels – un cerveau axé sur l’épargne ou la dépense – nous pouvons « hacker » notre cerveau, à travers des décisions stratégiques, et guider notre prédisposition naturelle dans la direction souhaitée. Ainsi, en planifiant des ordres d’épargne automatiques, la cigale évitera de tout dépenser en une fois. Et, en épargnant selon des objectifs, la fourmi sera plus à l’aise pour réaliser un gros achat… Grâce à des petits trucs et astuces, chacun trouve ainsi son équilibre, qu’il ait tendance à épargner ou à dépenser.  

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