Blockchain en marche: catalyseur du changement ou processus évolutionnaire?

Le blockchain plaide en faveur de plus de sécurité et de transparence. Est-ce la solution pour des transactions financières sûres? Les entreprises sont curieuses et mettent le blockchain en tête de leurs priorités pour 2018. 
  • 08 septembre 2017
Blockchain en marche: catalyseur du changement ou processus évolutionnaire?

Les entreprises font du blockchain leur priorité

Si le bitcoin est bien connu depuis quelques années, l’ensemble du concept qui sous-tend les monnaies virtuelles est – étonnamment – longtemps resté nébuleux. Ce n’est que depuis l’année dernière que l’on entend surgir ci et là le terme de ‘blockchain’ – généralement suivi d’affirmations excessives du genre ‘révolution sociale’ ou ‘la fin du monde bancaire’. Les entreprises en ont-elles aussi perçu l’importance, car le blockchain est devenu entretemps leur deuxième priorité pour 2018. Nous trouvons-nous effectivement à la veille d'un revirement économique?

Une nouvelle ère de paiement

Cette situation vous semble peut-être familière: vous achetez une maison et signez le compromis de vente. Il s’en suit un tas de tracas administratifs, des rendez-vous interminables chez les notaires et des tours de passe-passe avec les frais supplémentaires. Même les paiements – de la banque au notaire, de l’acompte à la transaction effective – relèvent généralement du parcours du combattant. Il y a fort à parier que d’ici quelques décennies, nous considérerons avec amusement ces scénarios dépassés. D’ici là, ces opérations se dérouleront probablement directement, par voie numérique et en toute transparence grâce au blockchain.

Un réseau décentralisé qui règle tout

Le blockchain est un moyen électronique de faciliter les opérations entre tiers. Les transactions s’effectuent par voie numérique et ne se concrétisent que lorsque toutes les parties ont donné leur feu vert. Il en va de même lorsqu’un changement est apporté à un contrat existant. Tous ces ‘blocs’ de la chaîne sont donc collectivement responsables. Chacun dispose d'une copie de toutes les transactions approuvées antérieurement, et est informé de chaque mouvement. Aucune des parties ne peut ainsi falsifier un contrat. 

Pour les hackers ou les logiciels malhonnêtes, le blockchain n’est pas une bonne nouvelle. Tous les fichiers journaux étant conservés de manière décentralisée, ils doivent en effet parvenir à s'infiltrer dans plusieurs ‘blocs’ pour modifier notamment des données de paiement. Et grâce aux notifications automatiques, une fraude éventuelle est rapidement détectée. 

Plus rapide, moins cher et plus sûr

Pour certains secteurs et applications, le blockchain constitue l’étape suivante de la logique en tant que telle. L’exemple du notaire n’a pas été cité par hasard: bon nombre de voix s’élèvent déjà en faveur de la numérisation du processus d'achat d’une maison. Autre exemple: les auteurs n’auraient en principe plus besoin de la SABAM, et pourraient toucher leurs royalties directement via les diffuseurs de musique. Dans ces opérations relativement simples, se sont toujours les ‘intermédiaires’ qui disparaissent. Les avantages sont évidents: les transactions sont plus rapides, les frais diminuent et tant le fournisseur que le client gagnent du temps.

Dans le même temps, le blockchain laisse déjà entrevoir des possibilités dans des activités très complexes et opaques. Par exemple, dans le secteur des soins: via une chaîne d’acteurs de la santé – de votre mutualité à votre infirmière à domicile en passant par l'hôpital – chacun peut accéder en permanence à vos données médicales cruciales. Votre médecin généraliste ne pourra enregistrer une nouvelle allergie dans le système que si les autres parties concernées donnent leur aval (sont pleinement informées de votre situation médicale). 

Les acteurs industriels, généralement plus réactifs que les pouvoirs publics, sont aujourd’hui déjà en train de numériser ces processus complexes. À titre d’exemple, le port d’Anvers développe actuellement une solution de blockchain pour mieux sécuriser son transport de conteneurs. Cette chaîne logistique implique un nombre extrêmement élevé de parties qui n’ont pas toujours connaissance des opérations de chacun. Grâce au blockchain, elles pourront à tout moment identifier qui a transporté un conteneur donné vers quelle destination, ce qui réduit non seulement le risque d'erreurs mais permettra également de lutter contre le détournement des conteneurs aux fins du trafic de stupéfiants, par exemple.

La monnaie virtuelle, un précurseur

Qui dit transactions complexes, dit naturellement aussi secteur financier. Les actions, par exemple, parcourent généralement un long trajet passant par les banques, les courtiers, les bourses et lesdites chambres de compensation (qui enregistrent les transactions boursières). En principe, le blockchain rendra toutes ces étapes intermédiaires superflues. Il en va de même pour les transactions traditionnelles. Vous pouvez aujourd'hui déjà payer un tiers pour un service ou produit fourni via un réseau décentralisé – sans banque donc. Tout ce dont vous avez besoin, c’est une monnaie virtuelle: oui, en effet, le bitcoin. 

Mais c’est précisément là que le bât blesse. Le bitcoin existe depuis déjà dix ans, mais reste confiné aux segments de niche. En outre, le marché des actions ne disparaîtra pas soudainement dans les décennies qui viennent, si l’on en croit les spécialistes. En cause, la nature des plateformes actuelles du blockchain, qui ne sont effectivement pas (encore) équipées pour satisfaire à la réglementation financière stricte, notamment les lois sur le respect des données personnelles, ni aux autorités de surveillance ou aux pouvoirs publics, qui exigent un droit de regard sur les transactions financières. En outre, la monnaie cryptographique présente elle-même encore quelques maladies de jeunesse. En effet, la croissance des « blocs » nécessite toujours plus de capacité de stockage et la faible vitesse de transaction pose problème: environ 7 transactions par seconde – rien en regard des 20.000 par secondes des sociétés de cartes de crédit.

Bon nombre d’adeptes acharnés du bitcoin vous diront que la résolution de ces problèmes n’est qu’une question de temps. D’autres sont persuadés que les monnaies cryptographiques deviendront l'or numérique: des produits d'investissement nécessitant relativement peu de transactions, qui génèrent des bénéfices par l'augmentation de la demande. Ce n’est pas un hasard si bon nombre de monnaies virtuelles plus récentes se sont glissées dans le sillage du bitcoin. Bien qu’elles évoluent également : le génie est sorti de la bouteille, la technologie du blockchain est devenue également incontournable dans le secteur financier.

Répartition des rôles en évolution

C’est précisément en raison des problèmes que connaît l'actuel réseau du bitcoin que bon nombre d’établissements financiers sont déjà en train de développer leur propre logiciel blockchain. En effet, des centaines de grandes banques se sont réunies au R3, un consortium international qui étudie la manière dont le blockchain modifiera leur fonction. Une chose est sûre : les banques ne se laisseront pas retirer le pain de la bouche sans broncher en conservant leur rôle d’intermédiaire. Au contraire : certains voient le rôle des banques évoluer vers celui de ‘blockchain integrator’. Elles deviendraient alors les fournisseurs de la plateforme que vous utilisez pour exécuter vos transactions numériques.

Un exemple en est le financement d'entreprises par crowdfunding, peut-être bien l’une des premières applications du blockchain dans le secteur financier qui percera vraiment. Mais l’heure est toujours à l’expérimentation – surtout en raison des obstacles techniques et juridiques mentionnés antérieurement. Bref, la majorité des experts s'accordent à dire que l’ère de l’euro, du dollar et du yen durera encore quelque temps. Il est donc très probable que vous verrez votre acte de vente notarié plus rapidement transformé en un smart contract que vous ne direz adieu à votre banque. 

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