Consommer plus
ne rend pas heureux...

Nous devons prendre conscience du fait que la consommation ne fait pas tout. Quel est l’impact de votre situation financière sur votre sentiment général de bonheur et quel rôle les autorités ont-elles à jouer à cet égard?
  • 15 mars 2019
Consommer plus ne rend pas heureux...
 

Prof. dr. Lieven Annemans

Le bonheur des Belges - partie 2

Dans un précédent article le professeur Lieven Annemans, l’une des personnes à l’initiative de l’Enquête du Bonheur, a confié que l’argent ne faisait pas le bonheur. Mais un manque de moyens financiers pèse bel et bien dans la balance du bonheur et peut même avoir un effet perturbateur du point de vue social.

Dans cet article, nous nous pencherons plus en détail sur les mesures que pourraient prendre les pouvoirs publics pour améliorer le bonheur des Belges et sur le rôle que l’enseignement a à jouer à cet égard.

 

Beaucoup de gens achètent des choses en pensant que cela les rendra plus heureux. Un phénomène comme le Black Friday exploite habilement cette croyance. Mais trop acheter peut déboucher sur des problèmes financiers. Les pouvoirs publics doivent ils protéger les gens d’eux-mêmes en jouant un rôle de régulateur? 

Pr. Lieven Annemans: "C’est très compliqué, car la consommation est au cœur de la culture dans laquelle nous vivons. Les autorités ne peuvent pas interdire aux gens de consommer, l’économie s’effondrerait alors et ce serait une très mauvaise nouvelle pour les personnes en difficulté financière. Mais il est vrai que certaines personnes sont trop vulnérables pour résister à la publicité ou aux actions commerciales lancées par les entreprises.

Je vois deux solutions possibles. Avant toute chose, il est indispensable de faire comprendre à plus de personnes que la consommation ne fait pas tout. Il existe d’autres choses qui peuvent nous rendre heureux, comme les relations amicales. Si nous y parvenons, nous pourrons opérer un transfert dans notre culture sans que celui-ci vienne d’en haut."

 

 
"L’enseignement doit garantir plus de résilience chez les jeunes, car celle ci leur servira plus tard, lorsqu’ils seront financièrement indépendants."

Comment opérer un tel transfert culturel dans la pratique? 

Pr. Lieven Annemans: "Progressivement. De plus en plus de voix s’élèvent dans cette direction ; pensez par exemple à la consommation écologique. Il faut vraiment répandre largement ce genre d’idées. C’est possible par le biais des médias, mais aussi simplement par celui des contacts interpersonnels." 

 

Vous avez également une seconde solution ?

Pr. Lieven Annemans: "Oui, je pense que l’enseignement peut jouer un rôle déterminant à cet égard. Par son biais, nous pouvons faire en sorte que les jeunes, une fois adultes, soient mieux armés contre les messages commerciaux focalisés uniquement sur davantage de consommation. L’enseignement doit garantir plus de résilience chez les jeunes, car celle ci leur servira plus tard, lorsqu’ils seront financièrement indépendants."

 

Voyez-vous d’autres rôles que devraient endosser les pouvoirs publics ? 

Pr. Lieven Annemans : "Absolument, par exemple concernant les inégalités de revenu dans notre pays. Elles sont trop importantes, ce qui occasionne plus de défiance et de criminalité et a donc un fort impact sur notre société."

 

D’autres pays font-ils mieux que nous ?

Pr. Lieven Annemans: "Oui, les pays scandinaves. Le Danemark, par exemple, présente beaucoup moins de disparités au niveau du revenu, et son taux de criminalité est plus bas. C’est aussi le pays où l’on fait le plus confiance à autrui."

 

Que peuvent faire d’autre les autorités belges?

Pr. Lieven Annemans: "Les autorités devraient faire en sorte que nous soyons plus heureux en moyenne, par le biais d’une diminution des inégalités de revenu, mais aussi en créant un climat au sein duquel les employés sont respectés par leur employeur.

Là encore, l’enseignement est important : les enfants doivent être encouragés à agir de façon respectueuse les uns envers les autres. Ils doivent recevoir le bon message quant à la façon dont une société doit fonctionner, par exemple en ayant la bonne perception de leurs devoirs et des tâches ménagères : on ne les fait pas parce qu’on y est obligé, mais parce que c’est utile. Tout ceci n’est pas simple et ne se fera pas non plus du jour au lendemain.

Mais bonne nouvelle : certaines communes possèdent d’ores et déjà un Échevin de la Santé et du Bonheur. Je ne peux qu’encourager de telles initiatives."

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