Marchés boursiers volatils, davantage d'épargne? 

L'an dernier, les livrets d'épargne belges ont de nouveau progressé de 10 milliards, soit la plus forte hausse en cinq ans. Ce qui est dû à la volatilité du climat boursier de l'an dernier, proclament d’une seule voix les économistes. Pourtant, nous ne sommes plus les épargnants acharnés d'antan. Où est la logique de tout cela?
  • 23 janvier 2019
Marchés boursiers volatils, davantage d'épargne? 
Frida Deceunynck

Frida Deceunynck

Journaliste financière

L’épargne, le choix de la sécurité

Bien que le rendement soit limité, nous continuons à déposer d'énormes sommes d'argent sur nos comptes d'épargne. Cela peut sembler contradictoire, mais c'est une réalité depuis plusieurs années.

Les économistes expliquent la forte croissance de l'an dernier par la volatilité des marchés boursiers. Avec une chute de 19%, 2018 a été l'une des pires années boursières depuis la crise financière.

Sur les 20 actions du Bel20, 16 sont passées dans le rouge, ce qui a poussé de nombreux investisseurs à se réfugier dans le havre de sécurité du compte d'épargne. 

Sentiment de richesse

Parmi ces investisseurs en fuite, il y a probablement beaucoup de ‘nouveaux’ investisseurs qui, après de longues hésitations, ont trouvé le chemin des marchés boursiers beaucoup trop tard. Les investisseurs chevronnés s’y connaissent, pourrait-on penser. Ils ne vendent pas quand la tempête fait rage sur les marchés boursiers, mais achètent à des prix bradés.

Pourtant, les économistes voient aussi des arguments rationnels permettant de supposer que nous adaptons notre comportement d'épargne aux aléas des marchés boursiers. Non par peur ou par euphorie, mais parce que la bourse influence notre sentiment de richesse. Un ‘effet de richesse’, comme on dit dans la littérature économique. Après une année boursière aussi pitoyable que l'année dernière, nous nous sentons moins riches. En conséquence, nous consommons automatiquement moins et épargnons davantage.

Il en va de même pour nos actifs immobiliers. Maintenant que les prix de l'immobilier augmentent moins rapidement que durant les dernières décennies, nous nous rendons compte que tout a ses limites. Ce qui peut nous encourager à épargner davantage pour nos vieux jours.

 
Nous épargnons principalement pour faire face à des revers imprévus, pour couvrir nos dépenses futures et pour notre pension.

Épargne de prévoyance

La raison principale motivant l'épargne n'a cependant rien à voir avec les marchés boursiers ou les prix de l'immobilier, mais avec la prévoyance. Nous épargnons principalement pour faire face à des revers imprévus, pour couvrir nos dépenses futures et pour notre pension.

Les économistes tablent sur le fait que l’augmentation de cette ‘épargne de prévoyance’ suit celle de la dette publique. Ce qui est logique car, tôt ou tard, la dette publique devra être remboursée en augmentant les impôts ou en rognant sur les dépenses publiques.

En tant que citoyens rationnels, nous anticipons cela en épargnant davantage. D’après une étude de la BNB (*), la crainte d'‘événements inattendus’ semble en être le principal moteur. Elle constitue pour 59% des ménages une raison de grossir leur épargne.

La deuxième motivation est l'épargne pour les vieux jours, invoquée en tant que motif d'épargne par 35% des familles. De même, l’essor de l'épargne ‘pour les voyages et les vacances’, pour ‘les études des enfants’ et pour ‘d'autres achats importants’ est également frappant. Dans l'enquête réalisée auprès des ménages en 2010, elle concernait 21% des ménages seulement. Quatre ans plus tard, ce chiffre était déjà de 28%.

Épargner pour l'achat d'une habitation ou afin de pouvoir laisser de l'argent à ses enfants a par contre perdu en importance, et ne concerne respectivement plus que 14% et 11% des ménages sur la liste des priorités d'épargne.

L’instabilité des marchés boursiers fait-elle épargner davantage

 

Faiblesse des taux d'intérêt, davantage d'épargne

Enfin, la faiblesse des taux d'intérêt peut aussi nous inciter à épargner davantage. Si vous voulez atteindre un certain pouvoir d'achat, vous devez en effet épargner davantage lorsque le taux d'intérêt est faible que lorsqu’il est élevé. Ce qui apparaît plus clairement, c’est que la faiblesse des taux d'intérêt nous fait épargner différemment. Nous investissons davantage dans des actifs à risque.

Moins d’épargne

Avec la volatilité des marchés boursiers, une dette publique élevée et la faiblesse des taux d'intérêt, les conditions devraient être optimales pour les épargnants. Pourtant, nous ne sommes plus les épargnants acharnés d'antan. Notre épargne a beau grossir d'année en année, nous épargnons relativement parlant beaucoup moins qu'il y a 10 ou 20 ans.

Pendant des décennies, nous avons épargné entre 15 et 20% de notre revenu, et même avec des pointes de plus de 20% au début des années 1990. Nous sommes ainsi devenus l'un des champions incontestés de l'épargne en Europe. Mais ces quatre dernières années, nous n'avons épargné qu'environ 12% de notre revenu disponible. Nous nous alignons désormais sur le taux d'épargne européen, qui se situe également autour de 12% (**).

Tout est relatif

Quelle est donc la logique avec la croissance de nos livrets d'épargne? Les montants absolus sur nos comptes d'épargne augmentent, mais en termes relatifs, cela ne signifie pas qu'ils connaissent un succès croissant.

Notre comportement en matière d'épargne a également accordé davantage de place à d'autres formes d'investissement. Depuis 2009, les avoirs sur nos comptes d'épargne ont augmenté de 45%, alors que nous avons 90% d’actions et de fonds de placement en plus dans notre portefeuille familial. L’essor des investissements en assurance est également impressionnant (***).

Ainsi, nous épargnons non seulement davantage, mais aussi différemment. Ce qui est une bonne chose. Mais outre les fluctuations des marchés boursiers, difficiles à évaluer, le compte d'épargne reste un moyen d'épargne familier et solide qui offre la sécurité nécessaire. 

 

 

 

(*) L'impact des faibles taux d'intérêt sur les ménages belges, Revue économique, BNB, juin 2017
(**) Institut des comptes nationaux (ICN)
(***) Banque nationale de Belgique (BNB)

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Commentaires

le taux d'intérêt reste vraiment trop bas ?

D.G. 30 janvier 2019

Merci beaucoup pour votre réaction.
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Rabobank.be 07 février 2019
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