Comment le coronavirus change-t-il votre regard sur l’épargne?

Vous remarquez un changement dans votre comportement d’épargne depuis l’apparition du coronavirus? Vous n’êtes pas le/la seul(e). La psychologue Claudia Hammond donne des conseils et des explications concernant notre comportement d’épargne pendant la crise.
  • 21 juillet 2020
Claudia Hammond

Claudia Hammond

psychologue

Lorsqu’une pandémie frappe, tout change, y compris notre vision de l’épargne

De manière générale, la plupart des gens dépensent trop et n’épargnent pas assez. Un aspect positif de cette pandémie est que nous avons moins eu l'occasion de dépenser et que nous avons donc épargné plus. À première vue, de bonnes choses sont donc aussi ressorties de cette crise. Mais comme toujours, le tableau est plus nuancé que ça. Le fait que vous allez profiter ou non de cette reprise inattendue de l’épargne dépend de nombreux facteurs: combien vous avez gagné, la mesure dans laquelle vos revenus ont baissé en raison du confinement et comment l’économie va évoluer. Tout le monde n’en profitera pas et cette situation pourrait encore creuser le gouffre entre les pauvres et les riches.

Vous estimez peut-être mal votre propre budget

Il n’est déjà pas évident d’épargner en temps normal, même pour ceux qui peuvent se permettre de mettre de côté une bonne partie de leur salaire. Cela s’explique notamment par un phénomène psychologique connu sous le nom de «budget fallacy», à savoir une mauvaise estimation de son propre budget. En d'autres termes, les gens se laissent séduire par l’idée erronée qu’ils gagneront plus à l’avenir qu’aujourd’hui, qu’ils dépenseront moins et épargneront mieux. La première partie de cette hypothèse peut être correcte en cas d’avancement sur le plan professionnel, mais la suite n’est pas valable. Les gens semblent avoir tendance à constamment reporter les efforts supplémentaires d'épargne.

En fait, par la force des choses, le confinement s'est avéré un exercice massif d’épargne, car de nombreuses possibilités de consommer avaient disparu.

Qu’est-ce qui incite exactement à épargner?

La pandémie entraîne deux aspects qui incitent à épargner plus.

Le premier aspect est très spécifique à cette crise. Pour les personnes qui gagnent bien leur vie et qui n’ont pas perdu leur emploi, la crise du Covid-19 implique surtout que les possibilités de dépenser leur argent sont beaucoup moins nombreuses. En raison des confinements mondiaux, il n’y avait plus question d’aller au café, au restaurant, au théâtre et au cinéma, à des festivals ou à des événements sportifs. Les magasins de vêtements, les coiffeurs et les instituts de beauté ont également été fermés. Aucun voyage exotique, et même aucun minitrip, n’a plus été possible. Dans la mesure où de nombreuses personnes travaillaient à la maison, elles ne dépensaient en outre plus rien pour leurs déplacements, pour s’acheter un café ou un sandwich à la gare, ou encore pour payer leur repas de midi. En fait, par la force des choses, le confinement s'est avéré un exercice massif d’épargne, car de nombreuses possibilités de consommer avaient disparu.

Un deuxième aspect est que le virus a également créé une incertitude par rapport à l’avenir. Une étude psychologique a déjà démontré depuis longtemps qu’une telle incertitude a une grande influence sur notre tendance à épargner. Les mauvaises perspectives économiques nous causent donc du souci, mais des études montrent que nos attentes par rapport à nos perspectives économiques personnelles prévalent. Certaines personnes décident ainsi d’épargner par crainte que leurs revenus diminuent à l’avenir. Ce type d’épargne est probablement prudent et judicieux, et le côté positif de la situation particulière dans laquelle nous nous trouvons est qu’elle peut nous aider à épargner plus.

Quels sont vos principaux objectifs d’épargne?

Des analyses de la motivation à épargner révèlent trois raisons principales. Nous mettons surtout de l'argent de côté pour :

  • disposer d'une réserve pour les moments plus difficiles ;
  • constituer un budget pour des vacances et d’autres postes de coûts élevés ;
  • nous assurer un revenu durant nos vieux jours

Tout le monde n’a pas la possibilité d’épargner

La plupart des gens ne se trouvent pas dans la situation confortable de pouvoir mettre une poire pour la soif de côté durant la crise, loin de là. Selon une étude menée par ING en Allemagne, en Roumanie, en Pologne, en Espagne et en Turquie, si 20 % des gens, nantis, ont épargné plus, la moitié des répondants a déclaré avoir épargné moins. Cette inégalité va probablement encore se renforcer. Dans certains secteurs, comme les agences de gardiennage ou l’industrie du traitement de la viande, les travailleurs sont encore plus durement touchés. Ces personnes ont rarement des économies pour se retourner et leur emploi est souvent incertain.

De grandes différences sont observées dans le monde en ce qui concerne la possibilité d’épargner. À un certain moment, plus de deux milliards de personnes vivaient en confinement. Dans les pays à faibles revenus, cela a souvent signifié que les gens devaient choisir entre courir le risque de contracter le virus en violant les règles du confinement ou voir leur famille mourir de faim. Dans un certain sens, nous sommes tous dans le même bateau car le virus peut contaminer n'importe qui. Il est toutefois clair que le virus touche plus durement les personnes les plus démunies, sur le plan tant médical que financier, à court terme, et que les différences en matière de comportement d’épargne augmenteront probablement à long terme.

Que pouvez-vous faire en cas de diminution de revenus?

Ceux qui ont perdu leur emploi ou vu leurs revenus diminuer de manière dramatique piochent probablement déjà dans leurs économies s’ils ont la chance d’en avoir. Il semble peut-être prématuré de se demander quand, et si, ils pourront recommencer à épargner, mais je recommande, même aux personnes qui se trouvent dans cette situation précaire, d’établir un plan selon la technique psychologique du «si... alors», qui est souvent appliquée pour essayer de prendre de bonnes habitudes. Cette idée simple encourage les gens à raisonner comme suit: si X arrive, je fais Y. Donc, même si, dans les prochains mois, voire les prochaines années, vous êtes obligé(e) de consacrer l’intégralité de vos revenus à des dépenses journalières, il est judicieux de prendre la résolution de recommencer à épargner lorsque vous parviendrez à décrocher un nouvel emploi ou à augmenter vos revenus. De cette façon, l’impact de la pandémie sur votre comportement d’épargne ne sera pas éternel.

Seule la coopération payera

Je présente des programmes radio sur le Covid-19 depuis le mois de janvier et, chez les dizaines d’épidémiologistes, de virologues et d'autres scientifiques avec lesquels je me suis entretenue, un message ressort clairement. Dans la mesure où le virus touche tous les pays, aucun pays n’en sera totalement libéré tant que les autres pays n’auront pas aussi une solution. Tout comme le changement climatique exige une coopération mondiale, le monde ne pourra mettre un terme à la pandémie, permettre une relance économique et créer un monde plus équitable que grâce à la coopération.

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