Vous comparer aux autres vous fait perdre de l’argent

Saviez-vous qu’en vous comparant souvent aux autres, vous perdez de l’argent? La comparaison avec votre voisin réduit en effet votre épargne. La psychologue Claudia Hammond vous livre de précieux conseils pour mieux épargner.
  • 18 février 2020
Claudia Hammond

Claudia Hammond

psychologue

En quête de reconnaissance

La plupart d’entre nous apprécient quand une autre personne admire quelque chose que nous venons d’acquérir. Il est même possible que rien ne vous ravisse plus que quand vos amis ou amies vous demandent où vous avez acheté vos baskets, quand un voisin reste admiratif devant votre nouvelle voiture ou quand un collègue vous demande s’il peut voir de plus près le tout dernier modèle de téléphone mobile que vous venez de sortir de votre poche.
 
Cela fait toujours plaisir de recevoir des compliments. Seulement, chaque médaille a son revers. C’est le cas lorsque les compliments portent sur des biens matériels. En effet, ces compliments nous incitent à comparer ce que nous possédons avec les biens des autres. Soyons honnêtes: nous apprécions le fait de posséder quelque chose que personne d’autre n’a. Or, cela peut nous conduire à consommer plus dans l’unique but de nous afficher.

Plus on compare, moins on est satisfait?

Pour autant, se comparer aux autres est très humain. Cela nous aide à déterminer quel type de comportement est approprié. C’est aussi une façon d’évaluer notre statut social dans une communauté qui peut nous pousser à vouloir devenir aussi bons que les autres. Nous voulons tous savoir si nous sommes à la hauteur ou si nous avons besoin de nous améliorer. Jusque-là, tout ceci est normal. Mais il n’y a pas que du positif. En 1954, le psychologue Leon Festinger a développé la théorie de la comparaison sociale, dans laquelle il émet l’hypothèse que les personnes qui se comparent le plus souvent avec les autres sont aussi plus susceptibles de ne pas être satisfaites de leur vie.

L’expérience de Mr Dirty et Mr Clean

Bien entendu, si vous vous comparez à quelqu’un et que la comparaison vous est favorable, cela peut conférer un sentiment de bien-être. Une étude menée en 1970 et connue sous le nom de Mister Clean & Mister Dirty a observé le comportement d’étudiants à qui on avait demandé de remplir des questionnaires d’embauche dans une pièce. À la même table se trouvait un autre candidat : soit celui que l’on nommera Mr Dirty (Monsieur Crasseux) et qui était mal habillé, soit, au contraire, Mr Clean (Monsieur Propre), tiré à quatre épingles. La mesure de l’estime de soi des candidats a révélé que ceux qui avaient été mis en présence de Mr Dirty s’en tiraient avantageusement. En effet, en se comparant à lui, ils ont conclu qu’ils ne s’en tiraient pas trop mal, tandis que les étudiants assis à côté de Mr Clean s’évaluaient moins favorablement.

Dans cette expérience, les participants n’avaient pas le choix quant à la personne avec qui ils se comparaient. Or, dans la vraie vie, nous l’avons, mais nous commettons souvent l’erreur de choisir avec beaucoup d’optimisme un point de comparaison supérieur dans l’espoir de se trouver au-dessus de la mêlée. Le but est de flatter notre ego, mais c’est souvent le contraire qui arrive lorsque nous nous rendons compte que nous ne tenons pas la comparaison.

Comment nous évaluons-nous?

Autre erreur courante : prendre des personnes de notre entourage pour référence. Prenons un exemple. Si vous habitez dans un quartier cossu, mais dans l’une des plus petites maisons de celui-ci, vous aurez plus de chances de vous sentir insatisfait dans la vie que si vous habitiez dans cette même maison, mais dans une rue où elle est l’une des plus belles. De même, un trader qui se comparerait à une infirmière se sentirait riche, mais il va naturellement se comparer au collègue assis à côté de lui et se sentira lésé dès lors que ce dernier aura obtenu un plus gros bonus que lui. Le processus est similaire quand il s’agit d’évaluer nos propres capacités. Si vous demandez à des élèves doués issus d’écoles sélectives à quel point ils sont intelligents, ils s’estimeront à un niveau moindre par rapport à des élèves doués issus d’écoles ouvertes à tous les types d’élèves.

On peut en conclure que nous ne sommes pas toujours capables de nous rendre compte que tout va bien. Une étude conduite par Ipsos Mori a révélé qu’une majorité de gens, dans la plupart des pays du monde, pensent que leur pays est moins bien placé dans le classement mondial selon le PIB qu’il ne l’est réellement. Nous arrivons mieux à estimer notre classement au niveau local qu’au niveau mondial.

Les révélations psychologiques du shopping

Une comparaison peut parfois nous procurer une sensation de manque. Il arrive alors que nous nous tournions vers le shopping afin de compenser ce manque. Comme si le fait d’acheter la bonne crème pour le visage ou les bons vêtements ou d’être à la pointe de la technologie avait pour effet de remonter notre estime de soi. D’après Helga Dittmar, professeure en psychologie sociale à l’Université du Sussex au Royaume-Uni, la culture de consommation ne met pas seulement un problème en évidence, mais elle suggère aussi le remède : acheter quelque chose.

Nous achetons parce que nous en ressentons le besoin, dans l’espoir que cela nous rapprochera un peu plus de ce que nous aimerions devenir. Ce processus peut intervenir dès l’enfance. La professeure Dittmar a constaté que les enfants qui se sentent rejetés sont plus susceptibles de devenir matérialistes, car ils estiment que posséder les bons produits favorisera la création de liens d’amitié. Dès lors, cela n’a rien de surprenant lorsque d’autres études concluent que les enfants matérialistes dépensent en moyenne plus d’argent et en économisent moins que les autres enfants.

Les comparaisons sociales doivent être pertinentes au niveau personnel pour nous influencer.

L’influence de la comparaison sociale

La bonne nouvelle, c’est que tout le monde ne subit pas aussi négativement l’influence de la culture de consommation. Prenons par exemple les beaux magazines sur papier glacé, ceux-là mêmes qui sont souvent pointés du doigt parce qu’ils exposent les jeunes filles et les femmes à une représentation idéalisée du corps féminin, avec des normes physiques auxquelles la plupart d’entre elles ne pourront jamais satisfaire. La professeure Dittmar a démontré que les photos de mannequins aux corps parfaits n’ont qu’un effet négatif auprès des femmes qui se sentent déjà mal dans leur peau. Pour qu’une comparaison sociale produise son effet, elle se doit d’être pertinente au niveau personnel. Pensez par exemple que vous aurez peu de mal à célébrer la réussite d’un ami si celui-ci suit une voie très différente de la vôtre, mais que vous ne vous en réjouiriez pas tant si vous étiez en compétition dans le même domaine.

Comparaison sociale et matérialisme

Nous nous inquiétons de la tournure que prend notre société de consommation. Même si la consommation reste le moteur de notre économie moderne, nous avons le sentiment qu’elle nous conduit à acheter des choses dont nous n’avons pas besoin. Et bien sûr, cela se fait au détriment de la planète. Mais si le mot « matérialiste » tend à s’accompagner d’une connotation négative, il se peut toutefois que toutes les formes de matérialisme ne soient pas nuisibles. Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi distingue d’une part le bon matérialisme, qu’il appelle « matérialisme instrumental » et qui se rapporte au fait d’utiliser des biens matériels dans le but de concrétiser ses valeurs et objectifs personnels, et d’autre part le mauvais matérialisme, où l’on utilise son argent et ses possessions pour améliorer son statut social et susciter l’envie.

Épargne et bien-être personnel

Bien que ce soit toujours appréciable quand des amis admirent ce que vous possédez, lorsque vous faites les boutiques, il n’est pas inutile de réfléchir quelques instants à ce qui motive réellement votre achat. S’agit-il d’un achat « pour se faire plaisir » ou achetez-vous tel ou tel objet parce que vous espérez qu’il vous « rende meilleur »? Dans ce dernier cas, vous feriez mieux de garder votre argent et d’attendre le bon moment pour le dépenser en acquérant des objets ou des expériences qui auront, eux, un effet bénéfique réel sur votre bien-être.

 

L’achat d’une voiture plus grosse ou plus chère que celle du voisin est un cliché avéré. Mais c’est aussi un état d’esprit néfaste pour l’environnement. En vous contentant de moins, vous ménagerez non seulement votre portefeuille mais aussi notre planète. Dans le cadre de ses investissements, Rabobank.be tient elle aussi compte de projets innovants qui ont un impact positif sur la nature. Lisez-en plus ici sur notre mission.

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