Bon gré mal gré, le prix du pétrole se rapproche de nouveau du cap des 100 dollars le baril. Pour les investisseurs, ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle.
Malgré les nombreuses initiatives dans le domaine des énergies renouvelables, nous restons à moyen terme en grande partie dépendants des sources d’énergie traditionnelles, comme le pétrole et le gaz. Cela signifie que pendant un certain temps encore, les actions de ce secteur ont tout à fait leur place dans le portefeuille. En outre, les placements dans des titres liés à l’énergie offrent une bonne couverture contre l’inflation ou la hausse du coût de la vie. Pour les entreprises de ce secteur, la hausse des prix de l’énergie signifie une progression de leurs bénéfices et de leurs cours en bourse. Pour pouvoir valablement juger de l’évolution prévisible des prix sur ce segment du marché des matières premières, et de ses conséquences pour les investisseurs, il nous faut examiner les principaux facteurs qui déterminent ce prix.
L’offre
Le passage forcé aux sources d’énergie renouvelables est naturellement dû au caractère limité des réserves de pétrole, de gaz, de charbon, etc. Même si des calculs divergents circulent, nous pouvons nous attendre grosso modo à un épuisement de toutes les réserves minérales d’ici 50 ans. Ensuite, ce sera définitivement terminé. Bien entendu, nous serons alors entièrement passés à d’autres méthodes. Mais il est évident que la transition au cours des décennies à venir pourra causer d’importants chocs sur les prix, à la hausse comme à la baisse. A court terme, l’offre sur le marché traditionnel de l’énergie est limitée, de manière artificielle : des organisations comme l’OPEP, qui réunit les pays producteurs et exportateurs de pétrole, contrôlent (et en fait manipulent) les quantités offertes. Elles exercent ainsi une influence directe sur les prix. La défense des intérêts du secteur est ici essentielle. Mais pour l’instant, l’OPEP n’a que peu d’incitants à modifier la production. Une offre nettement plus abondante, qui se traduirait par une baisse du prix, mettrait en danger la sécurité d’existence des pays producteurs. Quant à une hausse importante des prix suite à une limitation de la production, elle tuerait dans l’œuf la reprise économique mondiale.
La demande
Notre société est fortement dépendante de l’énergie. Les changements dans les dépenses de consommation ont dès lors une influence immédiate sur les prix du marché, notamment du pétrole. Actuellement, la forte demande énergétique des pays émergents compense largement la baisse de la demande occidentale. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande globale de pétrole brut atteindra peut-être même, sous l’impulsion de la Chine, un nouveau record. Néanmoins, il apparaît clairement qu’à moyen terme, la demande mondiale d’énergie traditionnelle pourrait très bien baisser.
Les intermédiaires : les spéculateurs et les cas de force majeure
Si seules l’offre et la demande déterminaient les prix du marché de l’énergie, leur évolution serait relativement facile à prévoir. En général, une offre limitée combinée à une demande soutenue à moyen terme entraînent une hausse des prix de l’énergie et dès lors des cours des actions du secteur. Malheureusement, un certain nombre d’autres facteurs peuvent engendrer des écarts par rapport à ce scénario idéal.
D’une part, le caractère indispensable de l’énergie attire toujours plus les spéculateurs, ce qui se reflète notamment dans le fait que les prix des matières premières montent souvent quand le dollar baisse, même sans raisons structurelles. D’autre part, les catastrophes, les guerres et les problèmes techniques illustrent régulièrement la fragilité du secteur énergétique. Dans ce marché surtout, les cas de force majeure constituent une menace lourde et permanente.
Le résultat pour les investisseurs apparaît donc souvent incertain. La catastrophe du golfe du Mexique s’est ainsi révélée fort douloureuse pour les actionnaires des parties concernées. Mais dans le même temps, cet accident a offert des opportunités à des entreprises innovatrices. Les spécialistes du secteur soulignent d’ailleurs les grandes opportunités au sein de certaines niches du secteur énergétique, en particulier dans les domaines des nouvelles méthodes d’exploitation et de la technologie environnementale. Un investissement bien diversifié dans le secteur de l’énergie est donc incontournable.
27 décembre 2010 - ADR
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